Le point de vue des designers

La création Interview de 3 designers Saverglass

 

 

Les attentes des designers packaging

3 questions identiques sur le thème du processus de création en liaison avec les verriers posées à quatre agences de design de réputation internationale situées en Australie « Reb Design », aux USA « Icon Design, en Angleterre « Claessens International » et en France « Daedalus Design »

Premier constat : aucun clivage entre le « Nouveau Monde » et la « Vieille Europe », plutôt une volonté commune de toujours repousser les limites de faisabilité technique.
Point de convergence : La qualité d’échange dans la relation triangulaire Client / Designer / Verrier fait la réussite du projet.

Questions posées :

  1. Qu’attendez-vous des verriers dans la phase de création du design des produits ?
  2. Recommandez-vous un ou plusieurs verriers lors de la présentation projet à vos clients ?
  3. A votre avis, quels sont les défis que les verriers doivent encore relever en terme de packaging et de parachèvement ?

 

JOHN EMERY, REB DESIGN, AUSTRALIE

Question 1 : Quand l’équipe de design imagine un concept tel que « DOT.AU », elle a besoin d’un solide soutien technique pour savoir si celui-ci est réalisable. Il n’est jamais très confortable d’engager un client sur un projet avant de découvrir qu’il est impossible de le réaliser industriellement. En ce qui nous concerne, nous avons besoin de recevoir des réponses de faisabilité dans des délais raisonnables et de connaître les contraintes à partir desquelles nous devons travailler.

Ainsi, il fût précieux d’établir un dialogue direct avec le responsable développement de SAVERGLASS dans les phases préliminaires du dossier DOT.AU. L’équipe décoration de SAVERGLASS nous a immédiatement informé que ce que nous projetions repoussait les limites de « l’état de l’art » en matière de parachèvement (satinage chimique, fenêtre transparente en réserve et impression sérigraphique sur la bouteille AXEL de section carrée), mais de manière typiquement française, ils relevèrent avec succès le défi.

La phase d’échantillonnage est une étape importante, non seulement pour la tranquillité d’esprit du designer et de son équipe, mais aussi pour celle des clients finaux.

Fidèle à sa parole, SAVERGLASS nous a adressé des premiers échantillons de la bouteille DOT.AU qui nous ont permis de procéder aux prises de vue nécessaires à la construction du site Internet et au développement de la campagne publicitaire alors que la production des bouteilles était en cours.

Question 2 : Evidemment, nous sommes conscients que les clients attendent de nous un panel de propositions, non seulement en matière de style de bouteille, mais également en matière de fournisseurs potentiels. Comme dans tout business, les contraintes économiques des clients les conduisent à consulter très largement, mais le plus souvent ils réalisent rapidement, dans l’exercice de l’élaboration d’une marque, que le choix d’une bouteille exceptionnelle est tout aussi important que les éléments graphiques dont elle sera revêtue.

Il existe un grand nombre de verriers offrant un choix de produits. Je dois ici saluer SAVERGLASS pour son excellente compréhension des besoins du marché. Il est évident que SAVERGLASS dispose d’une équipe puissante de designers alimentée par une exceptionnelle vision du marché des vins et spiritueux.

Question 3 : Je ne suis pas sûr que quelqu’un soit qualifié pour répondre à cette question, mais quoi qu’il en soit, Je vous dresse une liste de souhaits  :

  • Réaliser des moules plus économiques, afin de produire des modèles spécifiques, à partir d’un seuil de production plus bas.
  • Décorer les flacons sur l’ensemble de la surface (courbes, épaules, plan de pose) et pouvoir mettre en valeur certains détails par une coloration partielle pointue (arêtes, bagues).
  • Réduire l’épaisseur des traits de décor sérigraphique grâce à des écrans plus fins.

 

JEFFREY CALDEWEY, ICON DESIGN, NAPA, CALIFORNIA, USA

Question 1 : Bien évidemment je recherche une assistance logistique et technique de la part du verrier. Il est le seul à connaître ses limites et bien entendu nous, designers, cherchons à repousser ces limites. Ce que je recherche vraiment, c’est un allié dans le processus de design.

Question 2 : Honnêtement, j’ai tendance à recommander SAVERGLASS en premier lieu.

Le processus de design est déjà coûteux, pourquoi compliquer la tâche en faisant appel à un producteur qui n’a pas les moyens techniques et commerciaux adéquats ?

Les équipes de SAVERGLASS sont non seulement professionnelles, mais elles sont sincèrement intéressées par le processus de design et la satisfaction complète du client.

Question 3 : Dans la profusion des marques d’alcool de luxe, la distinction est le seul salut. Tandis que les étiquettes papier ont épuisé leurs possibilités, les combinaisons entre bouteilles de formes et parachèvement restent à explorer.

Je crois que les verriers doivent développer ces nouveaux concepts de façon beaucoup plus intense, tant en termes de logiciel de création que de production en petites quantités.

 

PETER ELMORE, CLAESSENS INTERNATIONAL, LONDRES, UK

Question 1 : Durant l’étape de design, nous apprécions d’être renseignés par les verriers sur la faisabilité technique de nos projets. Nous avons, par le passé, créé des bouteilles au design innovant pour des marques existantes et développé de nouveaux produits pour nos clients. Nous pensons que la bouteille est un outil marketing tout aussi important que l’image de marque, la communication ou la PLV.

Nous attendons également du verrier qu’il soit enthousiaste lorsque nous présentons des designs inhabituels et qu’il soit pro-actif dans la résolution des problèmes rencontrés. La relation doit être un partenariat entre le client, l’agence de design et le verrier.

Question 2 : Les recommandations au client ne sont jamais faites à la légère. Notre réputation est en jeu dans chaque conseil que l’on donne. Nous permettons au client et au verrier de trouver un terrain d’entente, notamment sur la qualité du verre, la capacité à réaliser le projet, la mise en confiance du client, la localisation géographique et bien entendu, le coût. Si un projet ne peut être réalisé pour quelque raison que ce soit, les conseils des autres verriers peuvent être éclairants et peuvent servir à la définition de nouveaux standards de conception.

Question 3 : La coopération et l‘étroite collaboration entre les fournisseurs intervenant dans la mise au point d’un produit (fabricants de capsules, d’étiquettes, décorateurs, embouteilleurs) sont essentielles si la marque et donc le client veulent réussir.

La législation liée aux métaux lourds en Europe et aux Etats-Unis se durcissant, elle empiète de plus en plus sur le processus de création.
Les conseils, la recherche et les solutions des industriels pour répondre à ce problème devraient être leur priorité. Avec un accroissement des verriers dans ce secteur, cela devrait se faire naturellement

 

ERIC VOIGNIER, DAEDALUS DESIGN, ANGOULÊME, FRANCE

Question 1 : Le designer, dans le cadre du brief défini par le client, laisse libre cours à son imagination… néanmoins, au final, le projet doit être industrialisable.

Aussi, c’est la qualité de l’échange entre le verrier et le designer qui fait la réussite du projet. Le designer attend du verrier des commentaires techniques, mais aussi que ce dernier accepte parfois de repousser les limites de ses compétences afin de respecter au mieux l’originalité d’un design.

Pour illustrer ce propos, Daedalus a créé récemment une carafe pour les Cognacs DELAMAIN. L’une des caractéristiques de ce projet (validée par le client) était d’obtenir un facing généreux qui dépasse les normes habituellement pratiquées… A force de dialogue avec les techniciens du bureau d’étude de SAVERGLASS, ceux-ci ont accepté le défi et surmonté les problèmes techniques générés, pour la plus grande satisfaction de tous.

Question 2 : A chaque design verrier correspondent des difficultés de fabrication particulières que nous pouvons, par expérience, anticiper.

En conséquence, nous pouvons recommander au client le savoir-faire le plus adéquat compte tenu de l’objectif à atteindre (poids et qualité de verre, répartition des masses, profil des épaules du flacon, etc.).

Question 3 : L’idéal serait de pouvoir repousser encore les contraintes liées à la production, afin de s’en affranchir un peu plus, et laisser libre cours à la création de formes encore plus originales… Quant aux parachèvements, et je pense en particulier aux décors sérigraphiques, à quand un décor total de la verrerie sans « zone d’ombre » (les zones rayonnées des flacons pour des articles de formes)? Pour finir, un effet manque à la palette des décorateurs : les teintes métalliques, qui ne soient pas seulement des pigments pailletés mais de vraies couleurs sur base métallisée.